Ils sont neuf étudiants de dernière année au programme
de doctorat de la faculté de médecine vétérinaire
de l’Université de Montréal à s’envoler pour
la Belgique en janvier et février 2010. Ils ont comme objectif
d’aller pratiquer et maîtriser la technique de césarienne
bovine. Pour toute la durée du séjour, soit deux semaines, ils
seront jumelés avec un vétérinaire bovin belge qui sera
pour eux un mentor et chez qui ils logeront. De plus, ils auront l’opportunité de
voir et comparer différentes méthodes de travail, d’effectuer
certains diagnostiques et d’approfondir leurs connaissances, tant en
médecine qu’en chirurgie.
Au Québec, la majorité des mises bas se déroulent par
voie naturelle et ne nécessitent aucune assistance vétérinaire.
Par conséquent, la pratique de la césarienne chez le bovin au
Québec est très limitée. Seules quelques situations rares
entraînent l’obligation d’effectuer une césarienne.
Pour ces raisons, les étudiants en médecine vétérinaire
du Québec n’ont que rarement l’occasion de voir (encore
moins de pratiquer) une césarienne au cours de leur programme d’études.
Par contre, cette technique doit absolument être maîtrisé par
les vétérinaires se dirigeant dans la pratique bovine. En fait,
le vétérinaire à la ferme doit être complètement
autonome dans ses interventions et il doit user de beaucoup de débrouillardise.
C’est dans cette optique que ce projet de perfectionnement a vu le jour,
il y a quelques années.
Mais pourquoi aller en Belgique ?
En fait, il faut savoir que la race Blanc-Bleu-Belge compte environ 500 000
vaches soit 50 % du cheptel bovin de la Belgique. Cette race assure 75 %
de la production de viande rouge en Belgique et elle y est commercialisée à prix élevé pour
la qualité de sa viande très tendre et maigre. Par contre
cette race à la particularité d’être pratiquement
toute de phénotype culard, c’est-à-dire qu’elle
présente une hypertrophie musculaire de l’arrière-train qui
compromet une mise bas normale. Par conséquent, les éleveurs
et les vétérinaires belges ont convenu de la généralisation
de la césarienne précoce chez cette race, sans tentative de
mise bas par les voies naturelles. Cette situation est unique à la
Belgique et fait en sorte que les vétérinaires belges ont développé une
technique chirurgicale de césarienne rapide et efficace qui est reconnue
dans le milieu vétérinaire. La Belgique est donc un endroit
de choix afin de perfectionner cette technique qui est très peu pratiquée
au Québec.
• Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de
Montréal
www.medvet.umontreal.ca/index.html
photo : Vache blanc bleu belge ayant subi une césarienne [Wikipédia]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Blanc_bleu_belge