De Bruxelles à Montréal - Des jeunes de l’école Jeanne-Mance découvrent le marché du travail
Du 20 au 28 mai, un groupe de quatre élèves de la Formation
préparatoire au travail de l’école Jeanne-Mance ont visité Bruxelles.
Les jeunes, âgés de 16 et 17 ans, ont vécu toute une expérience
de sensibilisation au marché du travail, accompagnés de leurs
enseignants Bruno Larouche et Victor Plamondon.
Pendant une semaine, les élèves ont visité la ville tout
en rencontrant des commerçants et entrepreneurs locaux. Ils ont été logés
et nourris gratuitement à l’auberge jeunesse Génération
Europe, à Bruxelles, en échange d’un peu de travail ménager
chaque jour.
Les jeunes ont fait trois visites axées sur l’emploi. La première
activité, une incursion au Musée du chocolat, a fait découvrir
au groupe les différents métiers associés aux délices
chocolatés. De façon surprenante, la profession d’archéologue
en fait partie, car elle a permis de « retrouver les vestiges du chocolat
qui viennent des Mayas, en Amérique du Sud. Ils font des fouilles archéologiques
pour retrouver leurs techniques de fabrication », explique Mathieu
Sweeney,
un des élèves du groupe.
Après le chocolat, les élèves ont découvert la
fabrication de fromage artisanal dans la ville de Namur. Ils ont visité une
fromagerie des plus authentiques, où le fromage se fait à l’ancienne. « Chaque
pièce avait son odeur ! », souligne Nicolas Dumouchel-Lamoureux.
Enfin, la troisième visite était des plus intéressantes.
Les ateliers Vervloet confectionnent à la main de la serrurerie décorative,
comme des poignées et des accessoires de finition intérieure.
Ce fabricant façonne des pièces uniques qui ornent les palais
présidentiels et les châteaux. Les élèves ont apprécié le
travail, même s’ils ne passeraient pas une heure à perfectionner
une pièce à coups de marteau !
Les visites d’entreprises n’ont pas empêché les voyageurs de
s’adonner au tourisme : le château de Gaasbeek, l’Atomium, le musée
de la bande dessinée, et plusieurs autres. C’était tout un changement
de paysage pour ces jeunes, dont la majorité n’avait jamais traversé l’Atlantique.
Grâce au soutien de partenaires comme l’Office
Québec Wallonie
Bruxelles pour la Jeunesse (OQWBJ), le voyage n’a coûté que 350
$ par personne, le billet d’avion inclus. Les élèves ont amassé de
l’argent en vendant des barres de chocolat et en réalisant des travaux
dans l’école, comme la restauration des rampes d’escalier.
Ouvrir ses horizons
« Ces voyages ont pour objectif de faire découvrir l’international
et que ces jeunes y retournent », explique Bruno
Larouche, enseignant
de la Formation préparatoire au travail (FPT).
« C’est sûr que ça motive les jeunes dans l’année à rester à l’école.
C’est un projet rassembleur, mais c’est aussi une expérience de vivre
24 h sur 24 h, 7 jours sur 7 ensemble », explique-t-il.
Les dortoirs, les ronflements, parfois la chicane, ils en ont vu de toutes
les couleurs. Mais somme toute, ils ont apprécié leur voyage. « C’est
pour leur donner une expérience différente. En FPT, ils ne sont
pas au [cheminement] régulier, ils manquent certaines choses. Je me
suis dit que ça leur donnerait une belle expérience que les autres
n’ont pas », ajoute l’enseignant.
Il y a au total 23 élèves inscrits à la FPT à l’école
Jeanne-Mance. Ces adolescents accusent un important retard scolaire qui empêche
leur intégration dans une classe régulière. L’objectif
de la Formation préparatoire au travail est de leur donner un soutien
et une formation à l’emploi.
En première année, ils suivent des ateliers de travaux manuels,
dans l’atelier à bois et dans la cuisine. En deuxième année,
ils vont trois jours à l’école et deux jours en stage de travail.
Gabriel Mattalia a fait son stage en mécanique automobile et Mathieu
Sweeney, en pâtisserie. Nicolas Dumouchel a travaillé en service à la
clientèle et Nicolas Paquette est préposé dans une cour à bois.
L’école les prépare aussi au marché du travail, à se
présenter devant un employeur et à poser sa candidature.
Ils obtiennent leur diplôme en trois ans. À l’âge de 18
ans, ils auront complété l’équivalent d’un diplôme
de 2e secondaire. Certains se dirigent ensuite vers le marché du travail
et d’autres à l’école des adultes. « Si ces élèves
n’étaient pas avec nous, ils lâcheraient ou seraient sûrement
dans la rue », souligne M. Larouche.
Source :
www.leplateau.com/Societe/Vie-communautaire/2010-06-25/article-1414428/De-Bruxelles-a-Montreal/1

Légende photo :
Nicolas Paquette, Mathieu Sweeney, Gabriel Mattalia et Nicolas Dumouchel-Lamoureux
se sont envolés pour Bruxelles en mai.
Photo :
Jacques Pharand